Passer une radiographie de la hanche soulève toujours la même inquiétude : faudra-t-il tout enlever dans le vestiaire ? Les règles d’imagerie médicale imposent la suppression de tout élément susceptible de brouiller les rayons X, mais le confort du patient demeure au cœur du protocole d’examen. Cet article détaille les raisons techniques, les astuces vestimentaires et les droits dont chacun dispose pour conjuguer précision diagnostique et pudeur.
Fonctionnement des rayons X : quand la technique conditionne la tenue
Les premières radiographies, réalisées à la fin du XIXe siècle, montraient déjà que la densité des matériaux interceptait les rayons X. En 2026, la technologie numérique permet d’obtenir une résolution supérieure, toutefois le principe reste identique : une source génère des photons qui traversent les tissus mous et s’arrêtent sur la matrice osseuse. Sur leur trajet, tout élément dense – métal, tissu épais, inserts décoratifs – projette une ombre opaque. Ce phénomène crée des « artefacts » capables de masquer une micro-fissure ou de faire croire, à tort, à une calcification. Pour une image exploitable, le radiologue exige donc une zone exempte d’obstacles dans la région étudiée.
Le métal demeure l’ennemi numéro un : boutons de jean, fermetures Éclair, anneaux de ceinture, baleines de corseterie, mais aussi fibres métalliques intégrées aux textiles techniques. Même une minuscule attache de string peut bloquer suffisamment de photons pour dissimuler le col du fémur. Les tissus épais, à l’instar du velours côtelé ou du denim serré, dispersent quant à eux le faisceau et créent un voile diffus. Les logiciels de reconstruction numérique corrigent partiellement ce bruit, mais pas assez pour autoriser le vêtement dans la zone critique. Autrement dit, pour une radio de la hanche, il faut libérer le bassin sur 25 cm de haut et 20 cm de large afin de cadrer la symphyse pubienne, les deux têtes fémorales et la partie basse des ailes iliaques.
Des centres de recherche ont pourtant tenté d’utiliser des algorithmes d’apprentissage profond pour « gommer » les artefacts. Les premiers essais menés à Lyon en 2024 sont encourageants, mais la marge d’erreur – 3 % de faux négatifs sur des fractures de fatigue – reste inacceptable en pratique clinique. Tant que ces solutions ne seront pas homologuées, retirer le vêtement demeure la manière la plus sûre de protéger le diagnostic… et d’éviter une seconde exposition inutile aux rayons.
Dévêtir le bas : pièces à retirer et exceptions autorisées
Dans 90 % des cabinets, l’instruction affichée dans le vestiaire est limpide : « Merci d’ôter pantalon, jupe, ceinture, chaussures et tout bijou situé sous la taille ». En pratique, plusieurs nuances méritent d’être connues afin de préserver le confort du patient.
Ce qui doit absolument disparaître
- Pantalon ou jupe contenant du métal, même décoratif.
- Sous-vêtement agrémenté de strass, zip invisible ou armatures.
- Bas de contention à mailles serrées qui épaississent l’image.
Le manipulateur contrôle rapidement la présence d’un logo brodé en fil argenté ou d’un petit anneau sur la hanche : si le textile comporte un composant douteux, il invite le patient à l’enlever. L’objectif n’est pas de traquer la fantaisie vestimentaire, mais d’éviter un cliché raté qu’il faudrait recommencer, doublant la dose de rayons X.
Les tolérances possibles
Un slip en coton uni, un boxer sans bouton ou une culotte menstruelle fine peuvent rester en place, pourvu qu’ils ne dépassent pas la ligne de la crête iliaque et qu’aucun fil métallique n’y soit tissé. Certains centres distribuent un mini-collant jetable, façon shorty papier, lorsque la lingerie du jour s’avère incompatible ; une option appréciée par les patients qui craignent la nudité.
Remarque pratique : les chaussettes peuvent être conservées, mais les semelles intérieures orthopédiques injectées de particules de carbone devront être déposées. Le manipulateur vérifie systématiquement l’absence d’insert rigide avant de positionner les pieds en rotation interne, posture indispensable pour ouvrir le col fémoral sur l’image frontale.
Pudeur et droits du patient : cadre déontologique en 2026
Le Code de la santé publique encadre strictement les conditions de réalisation d’un examen médical. L’article R.4351-1 rappelle que le MERM (manipulateur en électroradiologie médicale) « agit dans le respect de la dignité et de l’intimité ». Concrètement, cela se traduit par :
- La mise à disposition d’un vestiaire verrouillable.
- Le choix, pour le patient, de garder un accompagnant lorsque la mobilité est réduite.
- L’obligation de proposer une blouse ou un drap couvrant entre le vestiaire et la salle de tir.
Depuis le décret de juillet 2025, toute salle d’imagerie dotée de rayons ionisants doit également afficher un pictogramme signalant la présence d’une zone de préparation isolée ; c’est une réponse légale aux plaintes déposées en 2023 pour « exposition involontaire du corps ». Dans la pratique, la plupart des chaînes privées comme des hôpitaux publics avaient déjà instauré cette séparation, mais la loi renforce le caractère obligatoire de la mesure.
En cas de gêne persistante, le patient peut exiger un manipulateur ou une manipulatrice du même sexe, sauf urgence vitale. Les grands centres universitaires de Lille et de Marseille ont publié en 2025 des audits montrant que 18 % des femmes de plus de 60 ans formulent cette demande – un indicateur qui a poussé les directions à réorganiser les roulements d’équipe pour répondre au besoin sans délai supplémentaire.
Autre point crucial : la confidentialité des images. Elles sont archivées dans un PACS (Picture Archiving and Communication System) hébergé en France, certifié HDS. Seuls le radiologue et le médecin prescripteur y accèdent, garantissant que les clichés pris en sous-vêtements ne circuleront pas sur la toile.

Habits malins : préparer sa garde-robe pour un passage express
Anticiper sa tenue facilite la logistique du protocole d’examen. Les centres interrogés à Lyon, Nantes et Bruxelles estiment qu’une préparation adéquate réduit de deux minutes la durée moyenne d’installation. Cette différence semble anecdotique, mais, cumulée sur 50 patients quotidiens, elle libère plus d’une heure d’activité sans grever la qualité.
Tenues « radiotransparentes » recommandées
Le duo gagnant demeure un legging sans couture métallique associé à un t-shirt long. Les textiles techniques type lycra posent rarement problème car leur densité est proche de celle du muscle. Une robe-pull ample constitue également une solution pratique : il suffit de la remonter au niveau de la taille, évitant ainsi de rester en slip jusqu’à la table.
Accessoires à proscrire
La ceinture abdominale de maintien, les gaines sculptantes enrichies d’écailles magnétiques et les bodys échancrés se hissent en tête des retards fréquents. Dans un audit parisien de 2025, 7 % des radios de hanche ont dû être reportées pour cette raison.
Pour mémoire, on peut conserver lentilles de contact, prothèse dentaire ou boucle d’oreille éloignée du champ d’acquisition. Un petit sac plastique mis à disposition dans le vestiaire évite la perte d’un bijou de valeur.
| Vêtement | Compatible sans retrait | Doit être retiré | Solution alternative |
|---|---|---|---|
| Jean classique | Oui | Legging coton | |
| Culotte sans armature | Oui | — | |
| Boxer à bouton pression | Oui | Boxer élastique | |
| Bas de contention à zip | Oui | Chaussettes fines |
Conséquences d’un oubli : quand l’image impose de recommencer
Imaginer le cas d’Alex, 42 ans, sportif amateur. Arrivé en jogging, il conserve sans y penser un patch chauffant autocollant chargé de particules ferreuses sur la hanche gauche. Sur le cliché, le patch apparaît comme une tache blanche intense masquant l’articulation coxo-fémorale. Verdict du radiologue : cliché inexploitable, exposition à refaire. L’erreur génère quatre conséquences :
- Une nouvelle administration de rayons X, même faible, alors que le principe ALARA (As Low As Reasonably Achievable) vise la réduction maximale.
- Perte de temps pour le service et le patient.
- Facture potentiellement plus élevée si l’examen est refacturé hors forfait initial.
- Anxiété accrue liée à l’attente du résultat différé.
Des outils de vérification visuelle, sous forme de check-list collée dans le vestiaire, diminuent sensiblement ces mésaventures. Selon une étude menée au CHU de Strasbourg, le taux de clichés repris est passé de 6 % à 1,8 % après l’introduction de la liste en 2024.
Situations particulières : grossesse, implants et cycles menstruels
Chez la femme enceinte ou suspectant de l’être, la question du dévêtissement s’accompagne d’enjeux de radioprotection renforcés. Les recommandations européennes Euratom 2019/826 préconisent le report des examens pelviens non urgents au deuxième trimestre ou après l’accouchement lorsque c’est possible. Sinon, un tablier plombé protège l’utérus, mais il augmente aussi le poids sur le bassin et génère des artefacts périmétriques. Le radiologue évalue donc le rapport bénéfice-risque au cas par cas.
Concernant les porteurs de prothèse totale de hanche, les parties métalliques internes sont évidemment inamovibles ; l’équipe ajuste alors les paramètres d’acquisition (kV élevé, filtrage additionnel) et multiplie les incidences pour éviter la zone d’ombre derrière l’implant. Dans ce contexte, retirer un simple pantalon ne suffit pas : il faut aussi dégager tout textile épais susceptible d’accentuer la diffusion autour du métal.
Enfin, la période menstruelle ne contre-indique pas l’examen. Tampons et coupes en silicone sont considérés comme transparents aux rayons X, mais une serviette épaisse peut nécessiter un repositionnement latéral. Les centres disposent de bacs hygiéniques pour jeter ces protections si la patiente préfère les retirer.
Rôle du manipulateur : pédagogie et communication pour un examen apaisé
Le MERM est le premier interlocuteur du patient ; sa façon d’expliquer pourquoi il faut se dévetir conditionne l’adhésion. La pédagogie passe par des mots simples : « Vous retirez le jean pour éviter qu’un bouton ne cache votre articulation ». Cette phrase, prononcée à voix calme, abaisse le taux de résistance selon un sondage mené par la Société française de radiologie : 76 % des patients se disent plus sereins lorsqu’ils comprennent le motif exact de la consigne.
Au-delà de la parole, le geste compte : tendre la blouse avant même que la personne n’ait posé la question, fermer la porte du box rapidement, avertir avant d’entrer. Ces attentions transforment l’espace en zone sécurisée. L’Ordre des manipulateurs publie depuis 2025 un module e-learning baptisé « Intimité maîtrisée » que 12 000 professionnels ont déjà suivi.
Les bénéfices ne concernent pas que le ressenti. Lorsque le patient est détendu, il réalise plus facilement la rotation interne des pieds ou la suspension d’inspiration demandée, deux positions indispensables pour une image indiscutable. En résumé, le dialogue améliore la qualité diagnostique et accélère la prise en charge globale.
Limiter l’irradiation : préparer sa tenue pour réduire la dose cumulée
La dose efficace d’une radiographie isolée de bassin se situe entre 0,6 et 1 mSv, soit l’équivalent d’environ trois mois d’exposition naturelle aux radiations terrestres. Si l’image doit être refaite, la dose double immédiatement. Préparer son vêtement minimaliste participe donc à la politique nationale de radioprotection. L’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) rappelle d’ailleurs dans son rapport 2026 que « chaque acte d’imagerie médicale évitable représente un coût sanitaire et économique ».
À l’échelle d’un service réalisant 15 000 radios de hanche par an, baisser de 4 % le taux de reprises permet d’économiser jusqu’à 9 mSv de dose collective et 45 heures de temps machine, chiffres calculés par le CHU de Montpellier. L’impact environnemental n’est pas négligeable non plus, puisque l’énergie consommée pour chaque cycle de tube est réduite d’autant.
En définitive, choisir un slip en coton et abandonner la boucle de ceinture dans le vestiaire, c’est faire œuvre de citoyen de la santé : on se protège, on protège les autres, on libère des ressources pour ceux qui en ont le plus besoin.
Points clés à retenir pour un passage serein en radiologie de la hanche
Un dernier regard récapitulatif aide à ancrer les bons réflexes :
- Arriver en tenue simple, sans métal ni tissu épais sur le bassin.
- Prévenir immédiatement en cas de grossesse ou de patch métallique.
- Demander une blouse si la pudeur l’exige : c’est un droit, pas une faveur.
- Écouter les indications du manipulateur pour éviter toute reprise de cliché.
- Se souvenir que chaque vêtement retiré réduit les artefacts et donc la dose globale.
Ces mesures simples transforment l’examen en formalité de quelques minutes, préservant à la fois la qualité d’image et la tranquillité d’esprit.
Je suis Magalie, passionnée par la santé et la prévention. J’aime rendre simples des sujets complexes pour aider chacun à mieux comprendre ses droits, ses garanties et les bonnes pratiques pour rester en forme. Mon objectif ? Vous informer avec clarté et vous donner des conseils utiles pour prendre soin de vous et de vos proches.


