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L’oxygène médical, c’est quoi ? Quelle est son utilité ?

En médecine, il existe une technique qui consiste à apporter de l’oxygène à l’organisme par voie respiratoire. Il s’agit d’un type d’air spécialement traité pour cette fin : l’oxygène médical. Compte tenu de son rôle assez déterminant dans la survie de certains patients, il est important d’étudier de près cet élément. Découvrez ici tout ce qu’il faut savoir sur le sujet.

Comment définir l’oxygène médical ?

L’oxygène constitue une importante partie de l’air ambiant que l’homme respire. Il représente plus de 21 % de l’air brut. On parle d’oxygène médical lorsque ce gaz a été spécifiquement travaillé pour un usage médical. Dans ce cas, il prend le statut de médicament.

Comment l’oxygène médical est-il fabriqué ?

L’oxygène médical est fabriqué dans les usines spécialisées dans la séparation des gaz de l’air. Cette fabrication se fait selon un principe bien spécifique. Il s’agit de la purification de l’air brut. L’air pur obtenu est ensuite passé à l’état liquide avant de subir une distillation fractionnée. Ces différentes étapes permettent d’obtenir un certain nombre de composants. Ces derniers sont l’oxygène et l’azote.

Par ailleurs, l’air traité est stocké dans des réservoirs à double paroi. Ce mode de conservation permet d’assurer l’isolation thermique de l’air, et surtout de le garder à très basse température. Celle-ci peut aller jusqu’à 183° C. Sous sa forme liquide, l’oxygène est cryogénique.

Sous quelle forme l’oxygène médical est-il commercialisé ?

L’oxygène médicinal est présenté sous plusieurs formes sur le marché. En effet, il est communément commercialisé sous forme de liquide. Ainsi, il est conservé dans des réservoirs fixes à grande capacité. Il s’agit des contenants qui peuvent garder jusqu’à 800 litres de liquide. Il peut également être contenu dans des réservoirs mobiles.

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Moins impressionnants que les premiers, les réservoirs mobiles peuvent contenir entre 180 et 630 litres d’oxygène. Par ailleurs, l’oxygène médical est également présenté sous forme de gaz. Dans ce cas, il est conditionné à une pression de 200 bars. Il peut être présenté dans des bouteilles de différentes tailles. Ce sont :

  • les bouteilles B2
  • les bouteilles B5
  • les bouteilles B15
  • les bouteilles B20

Toutefois, l’oxygène médical peut également être stocké dans des bouteilles et cadres dotés d’un dispositif de détente. Encore appelés  »mano-détenteurs« , ces aménagements permettent de réduire la pression de l’oxygène en fonction du traitement proprement dit. Il faut rappeler qu’à la pharmacopée européenne, une monographie est dédiée à ce type de médicament.

Quelles sont les utilités de l’oxygène médical ?

Les indications thérapeutiques reconnues à l’oxygène médical sont relativement nombreuses. En effet, ce produit permet de corriger différentes variétés d’hypoxie à travers l’oxygénothérapie normobare ou hyperbare, et autres problèmes médicaux liés. Il permet également d’alimenter les respirateurs artificiels en anesthésie et en réanimation.

L’oxygène médicinal constitue également un vecteur des médicaments administrés par nébuliseur. Par ailleurs, il intervient également dans le traitement des crises d’algie vasculaire de la face. Dans ces cas, ce produit est essentiellement administré par voie inhalée.

Comment utiliser l’oxygène médical ?

La posologie pour utiliser l’oxygène médical dépend étroitement de l’état de santé de l’individu. Pour rappel, l’objectif ici est d’assurer un minimum de pression artérielle ou une saturation du sang artériel en oxygène chez le patient. Par exemple, si l’oxygène inhalé est dilué à autre gaz ou liquide, la concentration minimale dans l’air inspiré doit être de 21 %.

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En cas d’oxygénothérapie normobare, il faut adapter entre 0,5 et 2 litres d’oxygène pour les patients souffrant d’insuffisance respiratoire chronique. En ce qui concerne ceux qui souffrent d’insuffisance respiratoire aigüe, il faut prévoir entre 0,5 et 15 litres. Pour ce qui est du traitement des crises d’algie vasculaire de face, la quantité recommandée se situe entre 7 et 10 litres.

Par contre, s’il s’agit d’une oxygénothérapie hyperbare, il faut préconiser des séances en caisson hyperbare à une pression de 2 Bars (l’unité de mesure de la pression est le bar, comme pour une bouteille d’oxygène). D’une durée de 90 min à deux heures chacune, ces séances doivent être renouvelées 2 fois par jour au minimum. Selon le cas du patient, il est possible d’aller jusqu’à 4 fois par jour.

Par ailleurs, il est important de prévenir les risques de brûlures cryogéniques dues à l’utilisation de ce produit. Il s’agit d’une conséquence directe du contact entre l’oxygène liquide de très basse température et les tissus organiques. Pour pallier ce problème, des équipements de protection individuelle sont mis à la disposition du personnel soignant (gants de protection, lunettes ou visières, chaussures de sécurité…).

De plus, une haute pression de l’oxygène peut entraîner une surpression ou déclencher un « coup de feu ». Pour cela, il est important de respecter les normes en vigueur en ce qui concerne la manipulation de ce produit et de veiller au respect strict des indications.

En définitive, il convient de retenir que l’oxygène médical est un médicament qui possède plusieurs indications thérapeutiques. Fabriqué dans des conditions très strictes, ce produit doit être manipulé avec une certaine précaution.

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